Economie d'endettement vs. économie de marchés financiers
Une économie d’endettement voit la prédominance de la finance indirecte (passage par des intermédiaires et notamment des banques) et les marchés de capitaux ne jouent qu’un rôle limité dans le financement de l’économie. Seule une faible part des investissements est financée par l’émission de titres, les entreprises sont fortement endettées auprès des banques, les taux d’intérêt sont administrés et ne reflètent pas l’équilibre entre l’offre et la demande des fonds susceptibles d’être prêtés. Correspond à la France jusqu’au début des années 80.
Au contraire, une économie de marchés financiers voit prédominer le processus de la finance directe, cad le financement directement sur le marché. Les banques distribuent essentiellement des crédits aux particuliers pour des investissements immobiliers ou aux PME qui n’ont pas accès aux marchés financiers. Les taux d’intérêt sont susceptibles d’amples variations. La France s’en rapproche : augmentation de capital, émissions d’obligations, billets de trésorerie...
Dans une économie d’endettement, le taux d’inflation est maintenu par les pouvoirs publics proche des taux d’intérêt, ce qui entretient le système. Les entreprises ont alors une forte incitation à s’endetter (années 60-70), à surinvestir, à réaliser des investissements à forte valeur patrimoniale, à surproduire des stocks sur la cession desquels l’entreprise réalise des plus-values. Les marchés financiers se sont développés en France au début des années 1980 après l’apparition en mais 1979 de taux d’intérêt rééls sur les emprunts d’état, puis sur l’ensemble des obligations cotées en bourse.
Le directeur financier a beaucoup plus de marge de manoeuvre dans une économie de marché de capitaux.